samedi, 26 mai 2007
Buvez MoDem-Cola!
Les deux géants de l'industrie des boissons gazeuses se font face depuis des années. Ils sont bien installés, se partagent le marché et, finalement, ne cherchent plus vraiment à se faire concurrence. Leurs poids respectifs sont à peu près équivalents.
Toutefois, cette année, l'UMP-Cola a décidé de frapper un grand coup avec une "nouvelle formule". Il faut dire que les colas identitaires commençaient à lui grignoter quelques précieuses parts de marché. Du coup, une nouvelle formule, dont le goût se rapproche beaucoup de ces fameux colas identitaires: ça pétille en bouche mais ça laisse un arrière-goût amer. Grande campagne de publicité. Succès assuré... On a les moyens chez UMP-Cola!
Chez PS-Cola, on s'inquiète un peu. Il faut réagir. La stratégie? Le PS-Cola nouvelle formule? C'est vrai que le PS-Cola mériterait bien d'être revu et corrigé: la boisson a pris un coup de vieux et mériterait un bon relooking. Et puis, c'est bien connu, le PS-Cola, ça vous reste sur l'estomac! Mais, comme chez PS-Cola, ça fait longtemps qu'on n'a plus d'imagination, on va plutôt essayer de faire une OPA sur les petits concurrents, les colas premier prix et le cola bio. On sait bien que ça n'est pas facile la fusion de plusieurs entreprises. Mais a-t'on encore le choix? On appellera ça "United Cola of PS", une bonne campagne de pub, on refait le packaging. Et ça devrait permettre de tenir le choc!
L'histoire aurait dû s'arrêter là... C'était sans compter sur un trouble fête, l'UDF-Cola. On l'avait presque oublié celui-là. Un peu ringard, lancé il y a près de trente ans. Au blind test, l'UDF-Cola a toujours battu ses deux grands concurrents. Mais le produit avait vieilli. La petite entreprise artisanale menaçait de mettre la clé sous la porte. Jusqu'à cette idée d'UDF-Orange-Cola. Boisson branchée... On se l'arrache! Succès immédiat. Pas de pub. Juste le buzz, le bouche-à-oreille.
L'UMP-Cola décide de réagir immédiatement. Les juristes cherchent à récupérer la marque au titre d'un vieil accord de distribution pourtant dépassé. Peine perdue! On décide donc de lancer à fonds perdus une nouvelle filiale: "Nouveau Centre-Cola". Ca devrait marcher, vu le budget englouti pour lancer le nouveau produit. Le problème? C'est que ça a le goût de l'UDF-Cola, la couleur de l'UDF-Cola... mais que ça n'est pas de l'UDF-Cola!
Si on n'a pas beaucoup de moyens chez UDF-Cola, on a, en revanche, pleins d'idées... Et on annonce donc la contre-attaque, le lancement d'une boisson nouvelle génération: MoDem-Cola. C'est à la fois tonique et bio, allégé en sucre et énergisant. Et, contrairement à toute attente, le bouche-à-oreille aidant, ça pourrait bien marcher...
Là, chez UMP-Cola et PS-Cola, on commence à voir rouge. Il faut éliminer ce concurrent qui bouscule l'ordre établi. On débauche les cadres, on cherche à couper les filières d'approvisionnement et à faire pression sur les distributeurs. Rien ne sera épargné pour éliminer le trouble-fête. On frôle parfois l'entente illicite...
Le petit MoDem-Cola, si prometteur, arrivera t'il à trouver son marché? Possible. Certains consommateurs d'UMP-Cola commencent à trouver que, décidément, cet arrière goût de cola identitaire est très désagréable. Et puis, du côté des fans de PS-Cola, on se demande pourquoi ne pas tenter un produit plus moderne et qui s'avère plus digeste...
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Heureusement que la politique, ça ne ressemble pas au monde de l'industrie des boissons gazeuses. On ne se bat pas pour une part de marché. On se bat pour ses idées, ses convictions...
Enfin, il parait... c'est ce qu'on m'a dit en tout cas.
05:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : ump, udf, ps, MoDem, mouvement démocrate, cola, humour
vendredi, 25 mai 2007
Bayrou sauvé des eaux
Pendant la campagne présidentielle, François Bayrou s'est parfois pris pour Moïse. Guidant le peuple du centre entre les eaux tumultueuses de la droite et de la gauche, il promettait une sorte de terre promise, une démocratie utopique où l'intérêt général serait roi. Folie! Pourtant, il a déplacé les foules et créé un formidable espoir.
Mais, en même temps, qu'il était exaspérant! Encore un qui se prend pour l'homme providentiel! Si sûr de sa bonne étoile, de son destin.
Et, puis, au milieu du gué, les eaux se sont reformées. Violemment. Soudainement. Ses "bédouins" se sont enfuis, se mettant rapidement à l'abri...
Le petit paysan béarnais n'est pas Moïse. Et c'est tant mieux comme ça. La violence des flots aurait dû l'engloutir.
Mais une main s'est tendue. Puis une deuxième. Une troisième encore. Puis soixante dix mille mains...
François Bayrou n'est pas un homme providentiel. Il est le symbole d'un rêve. C'est rare un rêve en politique. C'est fragile aussi.
Un rêve de démocratie renouvelée. Un rêve que nous ne voulons pas voir s'évanouir. Il doit sa survie politique à ces milliers de mains, à ces inconnus qui ont décidé de l'aider à se relever. Pour que continue l'aventure... Mais avec 70000, 80000, 100000 bédouins, c'est désormais une aventure collective qui commence.
05:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, mouvement démocrate













